Santé mondiale 3.0 : Cadre d’action pour la recherche en santé mondiale des IRSC 2021-2026

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) savent que la recherche a le pouvoir de changer des vies. En tant qu’organisme fédéral chargé d’investir dans la recherche en santé, ils collaborent avec des partenaires et des chercheurs pour favoriser les découvertes et les innovations qui améliorent la santé de la population et le système de soins du Canada.

Instituts de recherche en santé du Canada
160, rue Elgin, 9e étage
Indice de l’adresse : 4809A
Ottawa (Ontario) K1A 0W9

Table des matières


Message du président des IRSC et du responsable scientifique de la recherche en santé mondiale

Nous sommes très heureux de vous présenter le document Santé mondiale 3.0 : Cadre d’action pour la recherche en santé mondiale des IRSC 2021-2026. Ce cadre d’action est le résultat d’un vaste processus de consultation et de mobilisation. Nous désirons remercier les centaines de chercheurs, stagiaires, responsables communautaires et décideurs qui ont contribué à l’élaboration de ce cadre et dont l’engagement soutenu en garantira le succès.

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont investi dès le début dans la recherche en santé mondiale. La loi fédérale en vertu de laquelle a été créé l’organisme en l’an 2000 exige des IRSC qu’ils investissent dans la recherche susceptible d’améliorer la santé des Canadiens et de la population mondiale. Il y a 20 ans, on considérait quelque peu la population du Canada et celle du reste du monde comme deux entités distinctes. À la lumière des évènements survenus au cours des dernières années, en particulier la pandémie de COVID-19, il apparait clair à tous que nos vies sont intrinsèquement et irrémédiablement liées comme jamais auparavant.

Les menaces pour la santé auxquelles nous sommes confrontés sont de plus en plus transnationales. Les catastrophes écologiques ne connaissent pas de frontières et, comme la propagation du SRAS-CoV-2 nous l’a rappelé, les virus n’ont pas de passeport. De telles menaces transnationales nécessitent un effort collectif mondial, ce qui signifie que des pays comme le Canada ne peuvent faire cavalier seul. Parallèlement, nous partageons de plus en plus une vision commune de l’avenir. Les objectifs de développement durable de l’Organisation des Nations Unies, que le Canada et 192 autres pays se sont engagés à atteindre d’ici 2030, sont l’exemple par excellence d’un programme d’action concerté.

Conscients que le monde change et fidèles à leur mission d’améliorer la santé des gens d’ici et d’ailleurs, les IRSC ont actualisé leur approche afin de soutenir les efforts de recherche déployés en santé mondiale. Dans le Plan stratégique des IRSC 2021-2031: Vision pour un avenir en santé, les progrès dans la recherche en santé mondiale sont définis comme une des trois stratégies élaborées par l’organisation pour réaliser la priorité D de favoriser l’équité en santé par la recherche. La publication de ce cadre d’action s’inscrit dans la foulée de l’engagement du plan d’action de l’an 1 qui consiste à lancer et à promouvoir le cadre de recherche en santé mondiale des IRSC. Ensemble, le Plan stratégique des IRSC et le présent Cadre d’action précisent les orientations et les actions envisagées pour instaurer un environnement de recherche en santé mondiale qui soit robuste et bien adapté, et pour permettre la création et l’application de connaissances qui apporteront des avantages concrets aux Canadiens et au reste du monde, et qui maximiseront l’équité pour tous en matière de santé mondiale.

L’équité est au coeur même de notre cadre, car nous croyons qu’il s’agit du concept le plus puissant pour accélérer l’amélioration de la santé dans le monde. Nous croyons que le concept d’équité permettra au Canada de se distinguer dans le domaine de la santé mondiale, de corriger les erreurs du passé et d’avoir un impact transformateur au bénéfice de tous. Tout ce que les IRSC entreprendront dans le contexte de ce cadre se fondera sur le concept central d’équité.

Par ce nouveau cadre, l’on reconnaît également que, compte tenu des ressources comparativement modestes de l’organisme, les IRSC doivent investir stratégiquement et se concentrer sur un petit nombre de domaines clés qui exploitent les points forts de notre pays et qui s’alignent sur les priorités nationales et internationales du Canada. Le but est d’avoir le plus grand impact possible sur la santé et le bien-être de la population mondiale.

Nous considérons ce cadre d’action comme une précieuse contribution à l’orientation stratégique des IRSC puisqu’il nous permet de jouer un rôle de chef de file dans le domaine, ce qui est une partie essentielle de notre mission, intimement liée à la loi fondatrice de l’organisation. En définitive, le Cadre d’action encourage les chercheurs en santé mondiale du Canada à continuer de travailler de concert avec leurs collègues de tous les pays du monde pour atteindre les meilleurs résultats en matière de santé et d’équité pour tous.

Michael J. Strong
M.D., FRCPC, FAAN, MACSS
Président

Steven J. Hoffman
J.D., Ph.D., LL.D.
Responsable scientifique de la recherche en santé mondiale

Introduction

La pandémie de COVID-19 a renforcé le sentiment que la santé et le bien-être de la population canadienne sont étroitement liés et dépendent du bien-être de la population mondiale. C’est pourquoi les IRSC ont investi depuis leur fondation dans la recherche en santé mondiale et que le Plan stratégique des IRSC 2021-2031 désigne la recherche en santé mondiale comme un élément central de son engagement envers l’équité en santé par la recherche.

Le document Santé mondiale 3.0 : stratégie de recherche en santé mondiale des IRSC 2021–2026 énonce l’engagement de l’organisme à miser sur le pouvoir de la recherche pour accélérer l’atteinte de l’équité en santé mondiale pour tous. Ce cadre d’action reconnaît que les IRSC doivent travailler au niveau mondial, car les problèmes de santé les plus pressants de l’heure – et plusieurs des stratégies les plus efficaces pour prévenir, contenir et régler ces problèmes – ont une envergure mondiale.

Les nations du monde partagent aussi bien des défis que des aspirations. Comme l’énoncent les objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies, les menaces transnationales à la santé, à la paix et à la prospérité nécessitent une mobilisation collective de l’intellect, de l’ambition et de l’action de toute la population mondiale.

Les approches en matière de santé dans le monde n’ont pas toujours été enracinées dans la solidarité, l’équité et la responsabilité partagée. La médecine tropicale – que l’on pourrait appeler « Santé mondiale 1.0 » – s’est développée en réponse à de nouvelles maladies et aux dures conditions que subissaient les nouvelles colonies, en se concentrant principalement sur la lutte contre les épidémies et sur la protection des représentants coloniaux et de la population active.

Le paradigme de santé mondiale qui est né au XXe siècle en même temps que de nouvelles organisations internationales, comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) – soit l’approche « Santé mondiale 2.0 » – a essentiellement divisé notre planète en deux mondes, en se concentrant sur l’aide que pouvaient apporter les pays à revenu élevé, comme le Canada, aux pays à revenu faible ou intermédiaire. En publiant le nouveau Cadre d’action pour la recherche en santé mondiale, les IRSC se définissent et se positionnent fermement dans une nouvelle ère – que nous appelons « Santé mondiale 3.0 » – dans laquelle la santé est perçue comme le résultat de risques et de responsabilités partagés à l’échelle mondiale qui nécessitent une action collective pour atteindre l’objectif de santé pour tous.

Cette stratégie est conçue pour permettre au milieu canadien de la recherche en santé mondiale de participer à une entreprise véritablement planétaire dont le but est de comprendre et d’agir sur les risques, les déterminants, les responsabilités et les solutions qui transcendent les frontières nationales.

La recherche et les solutions suscitées par les actions décrites dans le présent cadre d’action donneront la priorité aux partenariats authentiques, à l’apprentissage réciproque et à la coopération transnationale, tout en se concentrant sur l’atteinte de l’équité en matière de santé pour les populations marginalisées partout dans le monde.

Comme la santé mondiale englobe maintenant des interactions plus complexes entre les personnes, les environnements et les sociétés, le Canada a beaucoup à apprendre des chercheurs, des communautés et des citoyens du reste du monde. En publiant ce cadre d’action, les ISRC espèrent donner la priorité aux outils, aux ressources et aux préceptes éthiques qui permettront à notre communauté de chercheurs d’avoir le plus grand impact possible. Notre nouvelle approche reconnaît également que, compte tenu des ressources comparativement modestes des ISRC, le Canada doit se concentrer sur des domaines qui exploitent nos points forts et cadrent avec nos priorités nationales et internationales, afin de produire le plus grand impact sur la santé et l’équité dans le monde entier, y compris au Canada.

Description détaillée

La figure décrit les trois paradigmes de la santé mondiale : Santé mondiale 1.0 – Protection des représentants coloniaux contre les maladies tropicales; Santé mondiale 2.0 – Assistance prêtée par les pays riches aux autres pays; Santé mondiale 3.0 – Action collective pour des risques et responsabilités partagés.

Engagement des IRSC envers la santé mondiale

Description détaillée

1 2001-2016 Engagement/Initiative
L'Initiative de recherche en santé mondiale
Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), Agence canadienne de développement international, Santé Canada

2 2005-2011 Engagement/Initiative
Grands défis en matière de santé mondiale et vaccins contre le VIH/sida
Fondation Bill et Melinda Gates

3 2006-2012 Engagement/Initiative
Le Programme de partenariat Teasdale-Corti de recherche en santé mondiale
CRDI

4 2009 Engagement/Initiative
Alliance mondiale contre les maladies chroniques

5 2011-2018 Engagement/Initiative
Initiative de recherche internationale sur l’adaptation aux changements climatiques
CRDI (lead), Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH)

6 2011-2020 Engagement/Initiative
Innovation pour la santé des mères et des enfants d’Afrique (ISMEA)
CRDI, Affaires mondiales Canada

7 2014 Fonds de recherche sur les nouvelles menaces pour la santé
Processus accéléré pour un vaccin contre l’ebola
Agence de la santé publique du Canada (ASPC)

8 2015 Fonds de recherche sur les nouvelles menaces pour la santé
Intervention rapide pour un vaccin contre le virus Ebola – immunité à médiation cellulaire
Subventions de recherche novatrice sur l’Ebola

9 2016 Fonds de recherche sur les nouvelles menaces pour la santé
Processus accéléré pour un vaccin contre le virus Ebola : durée de l’immunité
ASPC

10 2016 Fonds de recherche sur les nouvelles menaces pour la santé
Programme de recherche sur le virus Zika Canada-Amérique latine et Caraïbes
CRDI et CRSH

11 2018 Fonds de recherche sur les nouvelles menaces pour la santé
Fonds pour la recherche rapide sur les éclosions de la maladie à virus Ebola
CRDI et CRSH

12 2018 Engagement/Initiative

Initiative Trajectoires de vie en santé (TVS)
Organisation mondiale de la Santé, Fondation nationale des sciences naturelles de la Chine, Département de la biotechnologie de l’Inde et Conseil de recherches médicales de l’Afrique du Sud

13 2020 Fonds de recherche sur les nouvelles menaces pour la santé
Réponse du Canada à la COVID-19
Alberta Innovates, Stratégie canadienne sur les drogues et autres substances toxiques, Comité de coordination de la recherche au Canada, Génome Canada, Santé Canada, CRDI, Fondation Michael-Smith pour la recherche en santé, CRSNG, Fondation de la recherche en santé du Nouveau-Brunswick, ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, ASPC, Research Manitoba, Research Nova Scotia, Fondation de la recherche en santé de la Saskatchewan, CRSH et Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP)

14 2020 Engagement/Initiative
Schéma directeur des Nations Unis en matière de recherche pour le redressement post-pandémique : Mettre à profit le pouvoir de la science pour un avenir plus équitable, résilient et durable
Fondation canadienne pour l’innovation, Affaires mondiales Canada, Grands Défis Canada, Santé Canada, CRDI, CRSNG, ASPC et CRSH

15 2021 Engagement/Initiative
Santé mondiale 3.0 : stratégie de recherche en santé mondiale des IRSC 2021–2026

Recherche en santé mondiale des IRSC

En tant qu’organisme de financement de la recherche en santé, les IRSC appuient plus de 14 000 chercheurs et stagiaires en santé dans les universités, les hôpitaux et d’autres établissements de recherche à la grandeur du pays. Depuis la création de l’organisme en l’an 2000, les IRSC ont appuyé la recherche en santé mondiale aussi bien par les efforts stratégiques de ses instituts que par son Programme de recherche libre.

Les IRSC considèrent que la recherche en santé mondiale comprend toutes les recherches qui traitent d’au moins une des quatre dimensions suivantes :

Investissements dans la recherche en santé mondiale

Pendant la période de 2000 à 2019, les IRSC ont investi près de 460 millions de dollars dans la recherche en santé mondiale.

Cet investissement a financé 1,167 chercheurs principaux par l’intermédiaire de 1,937 subventions.

Description détaillée

Les totaux sont fondés sur une validation interne déterminant l’harmonisation des subventions versées avec la définition de santé mondiale des IRSC. Les chiffres peuvent différer des autres données publiées parce qu’ils sont arrondis. Les dépenses de fonctionnement et les contributions partenariales sont exclues.

Année fiscale Recherche libre Recherche priorisée Total
2000 1 915 979 $ 328 715 $ 2 244 694 $
2001 2 538 633 $ 1 475 412 $ 4 014 045 $
2002 3 116 338 $ 3 310 460 $ 6 426 798 $
2003 4 453 530 $ 6 187 342 $ 10 640 872 $
2004 6 262 483 $ 4 076 111 $ 10 338 594 $
2005 5 801 174 $ 5 113 310 $ 10 914 484 $
2006 9 755 285 $ 8 310 485 $ 18 065 770 $
2007 12 494 387 $ 10 813 905 $ 23 308 292 $
2008 11 992 079 $ 15 355 481 $ 27 347 560 $
2009 11 525 072 $ 16 149 255 $ 27 674 327 $
2010 13 163 696 $ 9 603 041 $ 22 766 737 $
2011 12 642 984 $ 11 119 354 $ 23 762 338 $
2012 13 952 047 $ 13 725 438 $ 27 677 485 $
2013 13 799 330 $ 14 304 049 $ 28 103 379 $
2014 14 937 976 $ 16 391 615 $ 31 329 591 $
2015 16 195 798 $ 14 048 697 $ 30 244 495 $
2016 18 189 121 $ 9 058 798 $ 27 247 919 $
2017 18 314 872 $ 8 388 345 $ 26 703 217 $
2018 20 164 111 $ 10 713 382 $ 30 877 493 $
2019 20 050 770 $ 11 313 943 $ 31 364 713 $

Cadre d’action pour la recherche en santé mondiale

Il est évident qu’aujourd’hui, plus que jamais auparavant, la santé des Canadiens est étroitement liée à celle de la population mondiale. En réaction à cette accélération de l’interdépendance et au nouveau programme de développement mondial énoncé dans les objectifs de développement durable (ODD), les IRSC ont entrepris en novembre 2017 l’élaboration d’un nouveau cadre d’action pour la recherche en santé mondiale. Une refonte de la stratégie s’imposait pour énoncer clairement l’approche des IRSC en matière de santé mondiale et la possibilité de positionner stratégiquement le Canada comme chef de file sur le plan de la santé mondiale. Plus précisément, les IRSC visaient à élaborer une stratégie qui : 1) s’appuie sur les points forts du Canada en matière de recherche en santé mondiale; 2) cadre avec les priorités nationales et internationales; 3) se concentre étroitement sur les domaines où le Canada peut produire le plus d’impact et de valeur ajoutée.

Ce cadre d’action a été élaboré dans la foulée d’un vaste processus de consultation, codirigé par les IRSC et le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) avec l’appui de la Coalition canadienne pour la recherche en santé mondiale (CCRSM). Cette consultation avait pour but de mieux comprendre les défis, les possibilités et les points forts du Canada en matière de recherche en santé mondiale, afin de mettre à jour en conséquence nos priorités stratégiques. Pendant la période de consultation, nous nous sommes entretenus avec nos principaux partenaires du gouvernement du Canada, de nombreuses organisations non gouvernementales canadiennes travaillant dans le domaine de la santé mondiale et des chercheurs en santé mondiale de tout le pays. Au total, nous avons recueilli les idées de plus de 400 chercheurs et intervenants, ce qui représente selon nous le processus de consultation le plus exhaustif jamais entrepris par un gouvernement national pour définir ses priorités de recherche en santé mondiale.

Le cadre d’action qui résulte de ce processus de consultation guidera les investissements et activités stratégiques des IRSC dans la recherche en santé mondiale de 2021 à 2026. Il aidera l’organisme à exploiter tout l’éventail de ses ressources et de ses relations nationales et internationales pour produire un impact significatif et durable – aussi bien en ce qui concerne la création de nouvelles connaissances que la mobilisation équitable de ces connaissances dans le but d’améliorer la santé et le bien être des gens.

Vision

Le Canada est un chef de file international dans l’optimisation du pouvoir de la recherche pour accélérer l’équité en santé mondiale pour tous.

Notre approche

L’équité est le thème prédominant de notre cadre d’action, car ce concept définit le but de la stratégie, ses objectifs et les résultats attendus. Nous espérons que ce cadre d’action favorisera non seulement l’excellence du Canada dans la recherche en santé mondiale, mais contribuera également de façon concrète à l’amélioration des conditions de vie dans les collectivités éloignées et les populations soumises à des conditions de marginalisation, qu’il s’agisse de pays à faible revenu ou à revenu élevé ou que ces populations se trouvent au Canada ou à l’étranger. La recherche en santé mondiale peut grandement profiter à la santé de personnes qui sont trop souvent oubliées ou ignorées. Nos efforts se concentreront notamment sur la santé des filles et des femmes, des enfants et de leurs familles, des populations autochtones, des personnes racialisées et des pauvres du monde entier.

Aux IRSC, la santé mondiale est l’un des rares domaines qui couvrent uniformément les mandats de tous les instituts et qui englobent les chercheurs et approches des quatre thèmes de la recherche en santé (à savoir, recherche biomédicale, recherche clinique, systèmes de santé et santé des populations). Étant donné la très grande portée de la santé mondiale, il est essentiel que nous mettions à profit le savoir faire et les ressources de tous les instituts. Pour s’acquitter de leurs responsabilités partagées en matière de santé pour tous, les IRSC devront toujours garder à l’esprit les causes profondes interconnectées des inégalités, y compris le colonialisme de peuplement, le racisme, le classisme et la discrimination fondée sur la capacité physique, et devront déterminer comment appuyer leurs partenaires pour s’assurer que toutes les personnes en cause profitent des avantages de la recherche. Notre stratégie définit les premières étapes d’un processus permanent qui déterminera comment les IRSC peuvent parrainer des initiatives, des relations et des projets de recherche en santé mondiale visant à s’attaquer aux inégalités, et ainsi contribuer à la santé pour tous.

Dans cette optique, le Cadre d’action pour la recherche en santé mondiale des IRSC a été élaboré pour développer la capacité de recherche canadienne afin de produire un grand IMPACT, de favoriser l’HARMONISATION et de renforcer la CAPACITÉ en santé mondiale. Pour ce qui est de l’impact, notre attention se concentrera étroitement sur trois domaines clés relevés pendant le processus de consultation nationale et dans lesquels le Canada est bien placé pour effectuer les transformations les plus importantes. En ce qui concerne l’harmonisation, nous allons créer de façon proactive des synergies dans la recherche en santé mondiale et des mesures politiques parmi les intervenants canadiens et internationaux, notamment en appuyant l’application des données probantes de la recherche dans les processus d’élaboration des politiques mondiales. Pour ce qui est de la capacité, nous allons appuyer la recherche en santé mondiale en améliorant les processus internes qui visent à enrichir l’environnement de recherche en santé mondiale du pays.

Cadre d’action pour la recherche en santé mondiale des IRSC
Équité en santé mondiale

Description détaillée

La figure constitue un schéma général du Cadre d’action pour la recherche en santé mondiale des IRSC, qui englobe la priorité accordée à l’équité en santé mondiale, les trois thèmes (Impact, Harmonisation et Capacité) et les objectifs rattachés à chacun de ces trois thèmes. Les objectifs liés à l’Impact couvrent la prévention des maladies non transmissibles, les questions de sexe/genre et de santé, et les urgences sanitaires. Les objectifs liés au thème de l’Harmonisation incluent la cohérence des efforts de recherche, la prise de décisions fondées sur des données probantes, et les collaborations internationales. Les objectifs liés à la Capacité incluent l’accroissement de la capacité, l’intégration de la santé mondiale à tout le travail des IRSC, et l’amélioration de la communication.

Impact

But : Promouvoir un impact transformateur dans des domaines clés de la recherche en santé mondiale

Au cours des cinq prochaines années, les IRSC concentreront leurs engagements stratégiques en santé mondiale dans les domaines suivants :

  1. prévention des maladies non transmissibles
  2. sexe, genre et santé
  3. urgences de santé

En se basant sur les témoignages recueillis pendant les discussions avec le milieu de la recherche et les intervenants, les IRSC ont défini trois domaines d’impact dans lesquels les chercheurs canadiens ont le plus de chance de se distinguer. Il s’agit de domaines dans lesquels le Canada est bien placé pour tirer parti de ses forces et de son rôle de chef de file en recherche, et pour s’appuyer sur ses partenaires fédéraux et internationaux afin d’accélérer la recherche de pointe et de produire le plus grand impact.

1er champ d’impact : prévention des maladies non transmissibles

Faire progresser la science de la prévention pour réduire le fardeau mondial et les inégalités en matière de maladies non transmissibles (MNT)

Ce que nous savons

Les MNT ont augmenté constamment et sont maintenant responsables de 41 millions de décès par annéeNote en bas de page 1. Les MNT touchent des personnes dans tous les groupes d’âge, sans égard à leur origine ethnique, leur race, leur sexe et leur situation socio économique, dans toutes les régions du monde. Cependant, comme c’est le cas pour la plupart des problèmes de santé, les MNT touchent de façon disproportionnée ceux qui sont marginalisés sur le plan social ou économique, y compris les communautés autochtones et les personnes qui vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI).

Le Canada est bien placé pour devenir un chef de file mondial en science de la prévention des MNT. En plus de son expertise en recherche, le Canada joue déjà un rôle de premier plan dans l’élaboration et la mise en oeuvre de politiques visant à prévenir les MNT – notamment les restrictions visant le tabac, les taxes sur l’alcool, les guides d’alimentation saine et les mesures pour encourager l’activité physique. Étant donné la distribution inégale des MNT et le fardeau de ces maladies dans les pays à faible revenu et les communautés manquant de ressources, la recherche dans ce champ d’impact est une importante étape vers la réduction des inégalités en santé dans le monde.

Ce dont nous avons besoin

Il existe d’innombrables possibilités de modifier le cours mondial des MNT en agissant judicieusement sur le plan des engagements, des données probantes et de l’action. En plus de la recherche existante et des efforts politiques en matière de traitement et de soins des MNT, le Canada et le reste du monde doivent se concentrer de façon soutenue sur la prévention des MNT. Le Canada peut réduire le fardeau des MNT en développant son expertise en science de la mise en oeuvre et en appuyant et renforçant la recherche visant à comprendre et à éliminer les facteurs déterminants des MNT, qu’il s’agisse de facteurs économiques, culturels, environnementaux, sociaux, juridiques ou commerciaux.

Notre stratégie

Les IRSC appuieront les efforts mondiaux de prévention des MNT en soutenant la recherche, en accroissant la capacité et en facilitant l’accès à des solutions de prévention qui améliorent l’équité en santé. En plus de maintenir leurs engagements existants en financement, les IRSC s’efforceront avec leurs partenaires de trouver des ressources additionnelles pour amplifier les efforts en vue d’identifier les facteurs déterminants des MNT qui se trouvent en amont.

Mesures clés

2e Champ d’impact : sexe, genre et santé

S’appuyer sur l’examen des variables de sexe et de genre pour développer des approches transformatrices en matière d’égalité des genres

Ce que nous savons

Le sexe et le genre sont d’importantes variables dans le contexte de la santé, car leur zone d’influence s’étend de nos cellules à nos sociétés. Plus précisément, le sexe et le genre influent sur le risque de contracter certaines maladies, sur les symptômes et la gravité des maladies, sur la réaction d’une personne aux interventions, sur la fréquence des recours aux soins de santé, sur la façon dont le système de soins de santé traite les personnes et sur les possibilités que la société leur offre. Trop souvent, par exemple, les femmes, les filles et les personnes transgenres ont un accès réduit aux ressources et actifs de soins de santé, sont plus souvent victimes de violence sexuelle et sexiste, et font face à des lois et politiques discriminatoires qui limitent leur liberté quant à l’usage de leur corps et aux choix en matière de reproduction. De la même manière, les normes liées au genre attribuent aux hommes et aux garçons des rôles qui définissent leurs interactions avec le système des soins de santé, et qui peuvent avoir un impact négatif sur leur bien être mental et physique et sur leur longévité.

Le Canada est un chef de file dans la science du sexe et du genre. Ayant établi un cadre robuste de chercheurs dans ce domaine de la santé, le Canada est bien placé pour diriger les efforts mondiaux qui visent à mieux comprendre les impacts du sexe et du genre sur la santé et à élaborer des stratégies pour réduire les inégalités qui en résultent, au pays comme à l’étranger. Le Canada est également un chef de file mondial dans les approches transformatrices en matière d’égalité des genres, non seulement au niveau de la recherche, mais aussi au niveau des politiques, depuis l’adoption par le gouvernement du Canada de la Politique d’aide internationale féministe. Appuyée par Affaires mondiales Canada (AMC), cette politique a pour but de garantir que, d’ici 2021 2022, pas moins de 95 % des initiatives bilatérales d’aide au développement cibleront ou intégreront les questions d’égalité des genres et d’émancipation des femmes et des fillesNote en bas de page 2.

Ce dont nous avons besoin

Pour faire progresser l’équité en santé mondiale, nous devons intensifier l’intégration des notions de sexe et de genre à la recherche et aux politiques en santé mondiale. Nous devons également tirer parti des fondements existants de l’analyse du sexe et du genre en examinant comment les approches transformatrices – soit celles qui examinent activement, remettent en question et changent les causes profondes de l’inégalité des genres – peuvent améliorer la façon dont nous entreprenons des recherches, élaborons des politiques et fournissons des services sociaux et des soins de santé.

Notre stratégie

Les IRSC adopteront un rôle de chef de file dans la promotion, la vérification et le déploiement à grande échelle des approches de recherche qui remettent en question les normes nuisibles de sexe et de genre et favorisent l’égalité des genres et l’équité en matière de santé pour tous les genres.

Mesures clés

Échelle d’évaluation de la prise en compte du genreNote en bas de page *

Description détaillée

La figure illustre l’échelle d’évaluation de la prise en compte du sexe/genre, qui consiste en un continuum d’approches à l’égard de la recherche et des notions de sexe/genre. L’échelle couvre l’Exploitation (inégalités entre les sexes/genres, aucune distinction faite entre les sexes/genres), la Prise en compte (sensibilité au sexe/genre, sexospécificité) et la Transformation (approche transformatrice en matière de genre).

Il y a un continuum d’approches sur les plans de la recherche et des mesures touchant le genre et la santé. Parmi les personnes concernées, on compte ceux qui perpétuent les inégalités de genre et en tirent profit, ceux qui reconnaissent ces inégalités, mais ne s’y attaquent pas et, enfin, ceux qui cherchent à comprendre les causes des inégalités fondées sur le genre en s’employant à transformer les normes, les systèmes et les relations en matière de genre. Le Cadre d’action pour la recherche en santé mondiale des IRSC favorise l’adoption, en autant que possible, d’approches transformatives en faveur de l’égalité de genre.

3e champ d’impact : urgences en santé

Diriger la science mondiale d’intervention d’urgence en santé

Ce que nous savons

Les chocs majeurs, comme les épidémies de maladies contagieuses, les crises humanitaires et les catastrophes environnementales, posent un défi et mettent sous tension les systèmes de santé et les collectivités du monde entier. Ces chocs créent des conditions qui facilitent la propagation des maladies, augmentent le stress physiologique, psychologique et social, et limitent l’accès aux services de santé de base et de prévention ainsi qu’aux ressources de première nécessité, comme l’eau potable, les aliments, les installations sanitaires et le logement. Les conséquences des urgences en santé touchent de façon disproportionnée les personnes, les collectivités et les pays qui sont en situation de pauvreté et de marginalisation. Fort de son savoir-faire et de la solidité de ses établissements, de la société civile et des différents secteurs de l’appareil gouvernemental, le Canada a à plusieurs reprises joué un rôle de chef de file dans la mobilisation rapide des interventions de recherche en cas d’urgences mondiales de santé. En entreprenant des recherches sur la préparation et la réaction aux urgences en santé, le Canada a acquis une réputation de chef de file international dans les interventions humanitaires et le secours aux populations les plus vulnérables.

Ce dont nous avons besoin

Pour intervenir en cas d’urgence de santé au XXIe siècle, nous devons renforcer notre capacité de préparation et mettre en place de nouveaux mécanismes plus flexibles. Les IRSC financent des recherches qui montrent de façon concrète comment construire des systèmes de santé et de services sociaux robustes et comment intervenir le mieux possible avant, pendant et après une situation d’urgence. En améliorant les données scientifiques sur la préparation et les interventions d’urgence en santé, nous pouvons nous assurer que les inégalités en matière de santé diminueront dans les situations d’urgence plutôt que d’être accentuées par ces dernières.

Notre stratégie

Les IRSC tireront parti des forces de la recherche canadienne, des partenariats établis et de leur expérience comme chef de file dans les interventions d’urgence, afin d’accélérer la recherche sur les moyens d’améliorer les interventions d’urgence en santé mondiale et de s’engager dans des activités de mobilisation des connaissances s’alignant sur des politiques et pratiques éprouvées d’intervention en cas de crise naissante.

Mesures clés

Étude de cas : santé des enfants

L’excellence canadienne dans la recherche en santé mondiale devrait contribuer de façon concrète à l’amélioration de la vie des populations qui font face à des conditions de marginalisation – c’est-à-dire des collectivités qui sont trop souvent laissées pour compte, oubliées ou ignorées. Les enfants sont une de ces collectivités.

Comme les enfants et leurs familles sont affectés de façon disproportionnée par la pauvreté, les conflits et les urgences de santé, les besoins biologiques et psychosociaux uniques des parents, des nouveau nés, des nourrissons et des enfants sont trop souvent oubliés ou exclus de la recherche en santé et lors de l’élaboration et de la mise en oeuvre d’interventions en santé. Même si d’importantes améliorations ont été réalisées dans la réduction de la mortalité infantile depuis 1990, plus de 15 000 enfants de moins de cinq ans meurent encore chaque jour dans le monde, le plus souvent en raison de maladies qui pourraient être évitées par des interventions simples et abordablesNote en bas de page 3. La recherche dans les trois champs d’impact définis dans le cadre Santé mondiale 3.0 peut améliorer la santé et le bien être des enfants et des familles dans le monde entier.

1er champ d’impact : prévention des maladies non transmissibles (MNT)

Même si la majeure partie des cas de mortalité due aux maladies non transmissibles (MNT) surviennent à l’âge adulte, il y a des maladies respiratoires, du diabète, des problèmes de santé mentale et des cancers chez les enfants qui peuvent apparaître tôt dans la vie et qui entraînent des incapacités de longue durée et même des morts prématurées. L’impact des MNT est plus important dans les milieux dépourvus de ressources où il y a davantage d’expositions environnementales et un accès limité aux traitements. L’urbanisation rapide, une tendance à l’échelle mondiale, constitue un autre facteur de risque. La prévention des MNT doit commencer le plus tôt possible dans la vie, puisque l’exposition aux facteurs de risque environnementaux, comme la pollution, l’alcool, le tabac et le stress toxique interagissent avec les gènes pendant le développement fœtal, la petite enfance et l’enfance, et a de profondes répercussions sur le développement de MNT à l’âge adulte et d’une génération à l’autre. Pour cette raison, il est impératif que la recherche sur la prévention des MNT tienne compte des besoins des enfants et de leurs familles.

2e champ d’impact : sexe, genre et santé

Même avant la conception, la survie et la santé des nourrissons, des enfants et des adolescents sont influencées par les inégalités de genre. Les croyances relatives au rôle et à la valeur des hommes et des femmes entraînent un éventail de problèmes de santé pour les mères et leurs enfants, notamment en ce qui concerne l’accès aux soins génésiques, prénatals, néonatals et de santé sexuelle, la distribution des aliments dans le ménage et les expériences de violence. À l’échelle internationale, l’application d’approches transformatrices à la santé des femmes et de leurs familles a démontré que, lorsque les hommes participent activement au redressement des inégalités de genre, il en résulte une amélioration de la santé et du bien être de toutes les personnes concernéesNote en bas de page 4. Une partie importante du programme de recherche axé sur l’équité a pour but de mieux comprendre quel impact le genre, les structures familiales et les politiques relatives à la famille peuvent avoir sur le développement et la santé des enfants.

3e champ d’impact : urgences en santé

Les urgences en santé créent des perturbations sociales, des déplacements humains et des pressions sur les systèmes de soins de santé qui affectent de façon disproportionnée les femmes, les nourrissons et les enfants. En plus d’accroître l’exposition aux maladies contagieuses, les crises environnementales et humanitaires augmentent les risques de malnutrition, de sepsis, de traumatisme, de violence et de complications maternelles et néonatales pour les enfants et leurs familles. En cas de sinistre, le risque de décès pour les femmes et les enfants est 14 fois plus élevés que celui des hommesNote en bas de page 5. C’est pourquoi la science de la préparation aux urgences en santé, des interventions et de la reprise doit tenir compte des besoins particuliers des enfants et de leurs familles.

La recherche sur la santé et le bien être des enfants et de leurs familles n’est qu’un exemple de la façon dont les activités et possibilités décrites dans le présent cadre d’action pour la recherche en santé mondiale peuvent améliorer la vie des populations qui font face à des conditions de marginalisation. En répondant aux besoins particuliers de diverses populations, on peut contribuer de façon importante à la réalisation des objectifs de développement durable relatifs aux enfants et à leurs familles, notamment à la réduction de la mortalité des nouveau nés et des enfants de moins de cinq ans dans tous les pays.

Harmonisation

But : Renforcer l’harmonisation de la recherche et des politiques en santé mondiale à l’intérieur du pays et avec les partenaires internationaux

Ce que nous savons

La position du Canada comme moyenne puissance dans les affaires internationales et son influence sur la santé mondiale sont renforcées par ses importantes relations multilatérales (notamment G7, G20, OMS, APEC, OEA, Commonwealth, Francophonie) et par son rôle de chef de file dans les grandes initiatives de recherche internationale (notamment AMMC, GloPID R, Initiatives de programmation conjointes de l’UE, programme scientifique Frontières humaines). Ces partenariats amplifient l’influence du Canada et renforcent l’harmonisation des politiques et des investissements canadiens en santé mondiale sur les priorités de développement mondial. De plus, la participation du Canada aux forums internationaux fait connaître aux scientifiques et décideurs canadiens les solutions novatrices qui sont mises au point dans le reste du monde.

Cela dit, il reste encore trop de fragmentation entre les instituts, politiques et priorités en matière de santé mondiale, aussi bien dans le pays qu’à l’échelle internationale. Cette fragmentation empêche les chercheurs canadiens de faire des contributions importantes et stratégiques à l’amélioration de la santé et du bien être de la population mondiale. À titre d’exemple, la conjoncture financière de la recherche en santé mondiale du Canada comprend un certain nombre d’acteurs qui réussissent à collaborer sur des initiatives et projets ponctuels, mais qui harmonisent rarement leurs efforts stratégiques à long terme. De la même manière, même si la plupart des organisations s’efforcent d’élaborer des programmes et politiques basés sur des données probantes, il reste encore des lacunes importantes dans l’application de ces données aux niveaux local, national et international.

Dans la foulée de l’engagement mondial pour réaliser les objectifs de développement durable (ODD) et une relance équitable post-pandémie, il est possible de se concentrer sur des buts communs (plutôt qu’individuels) et de collaborer avec des partenaires nationaux et internationaux afin de progresser de façon mesurable et durable vers l’équité en santé pour tous.

Ce dont nous avons besoin

Les objectifs de développement durable demandent à tous les pays de collaborer, dans le cadre d’un partenariat mondial, à l’éradication de la pauvreté sous toutes ses formes, à la protection de la planète et à l’amélioration de la santé. Ces engagements s’appliquent à la recherche en santé aussi bien qu’à tout autre secteur et nous mettent au défi d’améliorer la coordination et de discuter de nos collaborations. Pour atteindre les objectifs de développement durable et adopter l’approche Santé mondiale 3.0 afin d’améliorer la santé des personnes les moins bien nanties de la planète, nous devons collaborer avec nos partenaires du monde entier pour bénéficier d’avantages mutuels grâce à la recherche et à l’innovation mondiales. Pour ce qui est de la recherche en santé mondiale au Canada, nous avons besoin d’un écosystème mieux organisé et mieux connecté pour améliorer notre capacité d’intervention en fonction des besoins et des possibilités du XXIe siècle, et pour nous préparer à appliquer au contexte canadien les leçons apprises dans le reste du monde.

Notre stratégie

Conformément à l’engagement dans leur Plan stratégique d’intensifier les collaborations nationales et internationales, les IRSC sont résolus à faire en sorte que l’écosystème de recherche en santé mondiale soit plus cohérent et connecté. Ce second objectif sera réalisé par les IRSC de la façon suivante : en réunissant les principaux partenaires nationaux afin d’établir avec eux des mécanismes pour améliorer la cohérence des activités canadiennes de recherche en santé mondiale; en favorisant un processus décisionnel basé sur des données probantes en santé mondiale; et en établissant des alliances stratégiques et des collaborations à l’échelle internationale.

Objectif 1 – cohérence dans la recherche

La prise en charge des risques et responsabilités partagés qui façonnent la santé mondiale nécessite une action intersectorielle et intergouvernementale. Grâce à une meilleure harmonisation, nous pourrons créer des liens plus étroits entre les besoins en santé mondiale et les contributions nationales en recherche, politiques et programmes; nous pourrons mettre en place des programmes de recherche élargis et plus stratégiques; nous pourrons éliminer les lacunes critiques dans la conjoncture financière pour les chercheurs canadiens et leurs partenaires.

Mesures clés

Objectif 2 – processus décisionnel basé sur des données probantes

Une partie du mandat des IRSC consiste à faire progresser la mobilisation des connaissances en vue d’améliorer la santé et de renforcer les systèmes de santé. Le Canada a la possibilité de renforcer l’harmonisation entre la recherche en santé mondiale et les besoins des professionnels de la santé, des directeurs de programme, des décideurs ainsi que des populations marginalisées pour s’assurer que les données probantes de la recherche seront accessibles à ceux qui peuvent les mettre en œuvre. Des mécanismes robustes de mobilisation des connaissances créeront également des occasions de tirer parti des données scientifiques internationales pour améliorer l’équité en santé au Canada.

Mesures clés

Objectif 3 – collaborations internationales

Les IRSC s’emploient à affermir leur partenariat et à s’aligner sur les objectifs internationaux afin que les efforts du Canada fassent partie d’une véritable entreprise de recherche mondiale.

Mesures clés

Étude de cas : le Schéma directeur des Nations Unies en matière de recherche pour le redressement post-pandémique

Le leadership démontré par les IRSC en élaborant et en mobilisant la mise en œuvre du Schéma directeur des Nations Unies en matière recherche incarne l’engagement de l’organisation à miser sur le pouvoir de la recherche pour accélérer l’atteinte de l’équité en santé mondiale pour tous.

En juin 2020, Amina J. Mohammed, vice-secrétaire générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU), a invité le Dr Steven J. Hoffman, responsable scientifique des IRSC de la recherche en santé mondiale, à diriger un exercice participatif de 10 semaines entre des chercheurs, des bailleurs de fonds de la recherche, des responsables des politiques publiques, des chefs de file de la société civile et des représentants de l’ONU de partout dans le monde pour déterminer les priorités de recherche devant assurer une meilleure reprise socioéconomique après la pandémie de COVID-19 et des progrès continus vers les objectifs de développement durable (ODD). Cette initiative visait à garantir que le redressement post pandémique pourrait prendre appui sur la meilleure recherche disponible et que les premiers enseignements tirés de la réponse pourraient éclairer les décisions ultérieures à cet égard. Pour ce faire, les IRSC ont commandé cinq examens rapides de la portée, formé cinq comités directeurs auxquels ont participé 38 organismes de financement de la recherche, et coordonné une série de consultations structurées et non structurées. Plus de 270 personnes et organisations ont participé à cet exercice.

Le résultat, le Schéma directeur des Nations Unies en matière de recherche pour le redressement post pandémique, a été dévoilé en novembre 2020. Le Schéma directeur énonce 25 priorités de recherche, toutes axées sur la manière dont les efforts de relance socioéconomique après la pandémie de COVID19 peuvent être délibérément conçus pour stimuler l’égalité, la résilience, la durabilité et les progrès en vue de l’atteinte des ODD. Il donne également un aperçu de cinq stratégies et mesures scientifiques principales à entreprendre pour réaliser les priorités en question. Après sa publication, les IRSC ont travaillé avec les Nations Unies et d’autres partenaires pour mobiliser de nouveaux partenariats et possibilités de financement stratégique axées sur ses priorités. Par exemple, le 29 janvier 2021, les IRSC et le Bureau des Nations Unies pour les partenariats ont été les hôtes d’un dialogue ouvert entre la vice-secrétaire générale des Nations Unies et les dirigeants des organismes internationaux de financement de la recherche sur la manière dont la science peut soutenir le développement dans le contexte de la COVID-19.

Le cadre d’action des IRSC à l’œuvre

En appuyant le Schéma directeur des Nations Unies en matière de recherche pour le redressement post pandémique, les IRSC ont clairement démontré leurs engagements en termes d’impact, de cohérence et de capacité.

Impact

Non seulement le Schéma directeur des Nations Unies en matière de recherche représente une contribution claire à l’avancement de la science de la réponse aux urgences sanitaires mondiales, mais il met en évidence les points d’intersection entre les trois domaines d’impact dégagés dans le cadre d’action. Par exemple, un de ses thèmes manifestes est l’importance d’assurer une recherche intersectionnelle axée sur la santé et l’égalité des genres, et celle de construire des systèmes résilients qui continuent à soutenir la prévention des maladies chroniques même pendant les crises aiguës.

Harmonisation

Le Schéma directeur des Nations Unies en matière de recherche témoigne de l’intention des IRSC d’aider à rendre cohérents les investissements nationaux et internationaux dans la recherche en santé mondiale. Son élaboration a bénéficié du soutien et de l’engagement de l’ensemble du gouvernement du Canada, et le processus rapide, mais très large, de son élaboration a fait intervenir des dirigeants de tous les continents et de toutes les économies de revenu. Une attention particulière a été accordée à l’inclusion des responsables de la mise en application et des voix des communautés marginalisées pour garantir que le programme de recherche reflète les besoins des communautés et des décideurs du monde entier.

Capacité

Le Schéma directeur des Nations Unies en matière de recherche montre comment les IRSC peuvent travailler ensemble pour mettre l’expertise canadienne de recherche en santé au service de l’équité en santé mondiale. Dirigée par l’Institut de la santé publique et des populations des IRSC, cette initiative a été soutenue par les équipes des Partenariats stratégiques et relations internationales et des Communications des IRSC. L’effort a également bénéficié de la mobilisation rapide des boursiers et des anciens du Programme de bourses d’apprentissage en matière d’impact sur le système de santé des IRSC, dirigé par l’Institut des services et des politiques de la santé des IRSC en collaboration avec neuf autres instituts des IRSC.

Capacité

But : Accroître la capacité et l’excellence en matière de recherche en santé mondiale en utilisant tous les leviers des IRSC

Ce que nous savons

Les chercheurs et stagiaires canadiens en santé mondiale ont réussi à obtenir du financement des IRSC par l’intermédiaire de programmes qui appuient tous les champs de la recherche en santé, de même que par des initiatives stratégiques lancées par les instituts des IRSC. Cependant, certains chercheurs canadiens en santé mondiale nous ont fait savoir qu’ils étaient confrontés à des obstacles uniques dans leur recherche de financement, notamment le fait que les pairs évaluateurs ne savent pas tous que la recherche en santé mondiale fait intégralement partie du mandat des IRSC et – comme c’est le cas pour d’autres domaines de la recherche en santé – le fait qu’il y a des périodes difficiles de transition entre le niveau de stagiaire et celui de chercheur indépendant et, ultérieurement, en milieu de carrière. De plus, la recherche en santé mondiale nécessite des compétences uniques, des aptitudes culturelles et des approches faisant en sorte que la recherche est menée conformément aux règles d’éthique et d’équité. Néanmoins, les meilleures pratiques d’équité dans la recherche en santé mondiale sont appliquées de façon incohérente dans l’ensemble du milieu de la recherche.

Le moment est venu d’accroître les contributions importantes des chercheurs canadiens en santé mondiale, de favoriser l’excellence en recherche et en éthique et de veiller à ce que le système de financement de la recherche au Canada soit bien adapté à la nature unique de la recherche en santé mondiale – y compris à ce que l’excellence signifie dans ce contexte.

Ce dont nous avons besoin

Il est essentiel que l’écosystème canadien de financement de la recherche valorise et appuie un large éventail de recherches et de talents en santé mondiale, de sorte que les chercheurs canadiens puissent contribuer à relever les défis actuels en santé mondiale et s’attaquer aux problèmes naissants et en évolution. Pour atteindre l’excellence dans la recherche en santé mondiale, les IRSC devront non seulement cultiver le talent, mais aussi mettre en place des systèmes qui récompenseront les relations authentiques et valoriseront la recherche interdisciplinaire collaborative. Il leur faudra également promouvoir la portée et l’impact de la santé mondiale de sorte que ce domaine conserve son attrait et sa viabilité pour les nouveaux chercheurs canadiens.

Notre stratégie

L’engagement des IRSC en faveur d’une recherche scientifique saine sur le plan éthique et accordant la priorité à des partenariats authentiques est au cœur même de ce Cadre d’action axé sur les capacités. À cet égard, les ISRC reconnaissent qu’il est nécessaire de veiller à ce que les chercheurs et stagiaires canadiens aient la formation, le soutien et les ressources nécessaires pour atteindre l’excellence dans la recherche en santé mondiale; d’appuyer l’intégration d’excellentes possibilités de recherche en santé mondiale dans tous les instituts et dans toutes les sphères de recherche des IRSC; et d’unifier les efforts à l’interne pour donner plus de visibilité à la recherche canadienne en santé mondiale.

Dans l’ensemble, les IRSC sont prêts à utiliser tous les leviers disponibles pour promouvoir l’excellence dans la recherche en santé mondiale et améliorer ainsi la santé pour tous.

Objectif 1 – accroître la capacité

Les IRSC mettront à profit les talents et les ressources existantes pour veiller à ce que les chercheurs et stagiaires en santé mondiale reçoivent tout l’appui nécessaire dans leurs efforts pour relever les défis en santé et assumer leurs responsabilités, et ils tiendront pleinement compte des questions d’équité, d’inclusion, de diversité et de partenariats authentiques dans toutes les recherches financées.

Les principes de recherche en santé mondiale de la CCRSMNote en bas de page **

Description détaillée

La figure présente les six principes de la CCRSM pour la recherche en santé mondiale. L’équité figure au centre et les six principes sont énumérés autour : humilité, authenticité des partenariats, inclusion, avantages partagés, engagement pour l’avenir et réactivité aux causes des inégalités.

Mesures clés

Objectif 2 – intégrer la santé mondiale dans tous les IRSC

En raison de l’ampleur des objectifs de développement durable et de l’étendue des disparités en santé mondiale, tous les instituts et initiatives des IRSC doivent faire d’importantes contributions stratégiques à la recherche en santé mondiale. Même si un certain nombre d’instituts et initiatives contribuent déjà grandement à la santé mondiale, les IRSC encourageront tous les instituts et toutes les directions à participer à la recherche en santé mondiale.

Mesures clés

Objectif 3 – améliorer la communication

Dans le renforcement des capacités, il faut notamment reconnaître la myriade d’excellents projets de recherche en santé mondiale qui sont actuellement menés par des chercheurs au Canada, ainsi que l’impact positif de ces projets sur la santé et le bien-être de la population mondiale. Les IRSC se sont engagés à accroître leurs efforts de communication afin de démontrer l’importance de la recherche en santé mondiale dans tous les instituts, de souligner l’impact des chercheurs en santé mondiale du Canada et d’inspirer la prochaine génération de chercheurs.

Mesures clés

Étude de cas : renforcement des capacités

Les IRSC se sont engagés à former la prochaine génération de chercheurs en santé et à s’assurer que les chercheurs canadiens dans le domaine de la santé ont toutes les compétences nécessaires pour jouer un rôle de chef de file aux niveaux national et international.

Conformément à cet engagement et aux stratégies des IRSC concernant la formation et les chercheurs en début de carrière, le présent cadre Santé mondiale 3.0 inclut un certain nombre de mesures et d’occasions visant à renforcer la capacité canadienne dans la recherche en santé mondiale.

La recherche en santé mondiale se distingue de plusieurs façons des autres domaines scientifiques. Pour que ce domaine de la recherche ait un impact, les chercheurs doivent non seulement avoir d’excellentes compétences en recherche, mais ils doivent aussi avoir des talents dans l’établissement de relations, être des partenaires authentiques et avoir accès à des forums de prise de décision qui sont ouverts aux nouvelles idées et qui sont habilités à comprendre les données probantes de la recherche et à les mettre en application. Le présent cadre reconnaît et célèbre ces qualités uniques, et a pour but d’encourager les chercheurs à acquérir et à affiner toutes les compétences requises pour atteindre l’excellence dans la recherche et l’application des connaissances en santé mondiale. Voici la liste des mesures décrites dans le présent cadre pour appuyer les chercheurs.

Pour en savoir plus sur les IRSC et leur travail.

Nos coordonnées

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Gratuit : 1-888-603-4178
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