Conseils pour (et par) les patients partenaires évaluateurs
Institut de génétique des IRSC

Édition de 2026

Table des matières

1.0 Introduction

Information contextuelle sur l’évaluation par les pairs

L’évaluation par les pairs des demandes de subvention est un processus dans le cadre duquel plusieurs personnes évaluent les demandes, discutent des forces et des faiblesses de chacune et formulent des recommandations concernant le financement. Ces discussions permettent de mettre en commun toutes les formes d’expertise, y compris celle issue de l’expérience concrète, afin que les candidats bénéficient d’une évaluation exhaustive du projet qu’ils proposent. C’est par ce processus que les IRSC s’assurent que les demandes retenues répondent aux objectifs de la possibilité de financement.

Information contextuelle sur le présent document

Le présent document a été élaboré en collaboration avec des personnes atteintes de troubles neurologiques et cardiaques ainsi que leurs aidants et leurs proches. Des personnes atteintes de maladies génétiques y ont aussi contribué. Nous appelons ces personnes des « patients partenaires ». Ces derniers apportent des points de vue importants au processus d’évaluation par les pairs. Les patients partenaires qui ont participé à la création de ce document ont tous une expérience de l’évaluation par les pairs.

Nous remercions les patients partenaires de l’Interconnectome cœur-cerveau, à savoir Sheila Gariepy, Alexandra Rego, Kimberly Strain et une personne qui préfère rester anonyme, pour leur contribution à la rédaction et à la révision de ce guide et pour les commentaires formulés.

Nous remercions également les patients partenaires de l’Institut de génétique, à savoir Lori Dagenais, Isabel Jordan, Jordan LeBlanc et Neil Merovitch, qui ont lu et commenté le guide.

Comment utiliser ce document

Le présent document est divisé en plusieurs sections. Lorsque vous évaluez des demandes, vous pouvez utiliser la table des matières pour parcourir les différentes sections afin de trouver les réponses à vos questions.

Les patients partenaires ne sont pas tenus d’avoir une expertise scientifique ou universitaire pour participer à l’évaluation par les pairs. Votre expérience concrète et vos opinions sont essentielles au processus. Par exemple, vous pouvez aider à évaluer l’incidence et les avantages d’un projet de recherche pour les patients. En effet, les patients partenaires ont les compétences nécessaires pour évaluer les aspects des projets de recherche liés à la participation et à la mobilisation des patients partenaires. Votre expertise s’avère donc précieuse pour compléter les points de vue scientifiques des autres évaluateurs : les patients partenaires mettent leur expérience concrète et leur expertise professionnelle au service de l’évaluation par les pairs, apportant ainsi une perspective différente de celles des évaluateurs des milieux clinique et universitaire.

2.0 Conseils pour les patients partenaires évaluateurs

Cette section contient des conseils de patients partenaires concernant la manière d’aborder le travail d’évaluation, la cotation des demandes et la formulation de commentaires constructifs. Vous y trouverez aussi des exemples de commentaires et des ressources utiles.

2.1 Manière d’aborder les demandes

Voici quelques conseils sur la manière d’aborder l’évaluation des demandes qui vous sont attribuées. Ils ne sont pas en ordre d’importance.

La première fois que vous participez à l’évaluation par les pairs, vous pourriez vous sentir dépassé. C’est tout à fait normal, même pour un universitaire. Chaque évaluateur finit par trouver sa méthode, qui peut changer avec le temps ou selon la possibilité de financement et la nature de l’évaluation. Il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » façon de procéder. Prenez le temps de déterminer la méthode qui vous convient le mieux et de l’adapter à mesure que vous acquérez de l’expérience.

En tant que patient partenaire, vous êtes appelé à vous fonder sur votre expérience concrète pour évaluer les demandes. Il est recommandé de lire attentivement l’ensemble de la demande, mais vous pouvez vous concentrer sur les sections de la demande que vous êtes à l’aise de commenter. Il peut s’agir, par exemple, des sections sur les partenariats avec les patients et sur la mobilisation des connaissances. Si vous avez une expertise scientifique ou médicale, n’hésitez pas à la mettre à profit. Les évaluateurs possédant des compétences variées enrichissent les évaluations de leur perspective unique. Ils peuvent formuler des commentaires qu’un groupe d’universitaires n’aurait pas émis.

Vous constaterez peut-être que certaines parties de la demande, telles que le CV ou la méthodologie scientifique, correspondent moins à votre expérience et à vos compétences. Ce n’est pas un problème. Concentrez-vous sur les sections dans lesquelles vous vous sentez à l’aise et où vos connaissances et votre expérience peuvent apporter le plus de valeur ajoutée.

2.2 Réception des demandes

Les conseils suivants sont classés par ordre chronologique en fonction du déroulement du processus d’évaluation. Les premiers points sont ceux dont vous devez tenir compte lorsque vous recevez les demandes à évaluer.

  1. Déterminez tous les conflits d’intérêts que vous pourriez avoir par rapport aux demandes qui vous ont été attribuées avant de les examiner en détail. Pour ce faire, parcourez toutes les demandes et vérifiez le nom des membres de l’équipe. Si vous constatez un conflit, avisez immédiatement le personnel des IRSC et n’évaluez pas la demande. En cas d’incertitude, vous pouvez communiquer avec le personnel des IRSC pour en discuter. Voici quelques exemples de conflits d’intérêts pour les patients partenaires :
    1. Vous êtes un patient du chercheur principal ou d’un cochercheur.
    2. Vous avez été ou êtes actuellement patient partenaire dans un autre projet auquel participe le chercheur principal ou un cochercheur
    3. Vous êtes désigné comme patient partenaire dans une autre demande de financement dans le cadre du même concours de subventions.
  2. Consultez la possibilité de financement pour prendre connaissance des exigences du programme et des critères liés aux demandes.
  3. Lisez les critères d’évaluation et l’échelle de cotation pour vous familiariser avec les éléments auxquels vous devez porter attention.
  4. Parcourez les demandes et déterminez lesquelles pourraient être plus ou moins longues à évaluer.
  5. Lisez rapidement les CV des équipes pour comprendre de manière générale ce que chaque membre apporte au projet, y compris les patients partenaires dont le nom figure dans la demande.

2.3 Évaluation des demandes

  1. Lisez les résumés non scientifiques (aussi appelés résumés vulgarisés), qui donnent un aperçu des demandes. Commencer par une demande avec laquelle vous vous sentez le plus à l'aise et dont vous pensez qu'elle vous prendra moins de temps à examiner peut vous aider à trouver votre « rythme » pour vos évaluations.
  2. Établissez votre propre méthode d’évaluation. Vous pouvez effectuer une première lecture rapide de toutes les demandes qui vous sont confiées pour vous familiariser avec elles. Pour ce premier survol, les résumés non scientifiques peuvent vous aider à mieux comprendre les demandes. Lisez ensuite le reste du contenu des demandes lorsque vous avez trouvé une méthode qui vous semble efficace. Il faut du temps pour essayer de comprendre quel est le sujet de chaque projet, et il s’agit d’une première étape importante du processus d’évaluation.
  3. Rédigez vos commentaires et inscrivez vos cotes dans un document distinct. Il vous sera ainsi plus facile de les relire et de faire des ajouts avant de les soumettre en ligne. Vous aurez aussi accès à une copie de sauvegarde en cas de problèmes techniques pendant la soumission.
  4. Ne passez pas trop de temps à évaluer certaines sections des demandes qui vous sont moins familières, comme les sections comprenant des termes techniques ou scientifiques. N’hésitez pas à utiliser des glossaires en ligne si vous les trouvez utiles, mais si vous ne comprenez pas une section, passez aux suivantes.
  5. Il peut être utile de comparer des demandes, par exemple, une qui est bien rédigée et une autre qui l’est moins, pour saisir la différence entre une demande solide et une demande de plus faible qualité.
  6. Prévoyez suffisamment de temps pour faire vos évaluations et trouvez un endroit calme et exempt de distraction, au besoin et si possible. Pensez à prendre des pauses, par exemple, entre chaque demande. Il peut parfois être utile de prendre un peu de recul.
  7. Considérez l’évaluation comme un processus s’échelonnant sur une certaine période plutôt que comme une activité d’une seule journée. Il peut être utile de lire les demandes plus d’une fois, de surligner certains passages, de prendre des notes, etc. Faites de votre mieux pour essayer de comprendre les demandes, mais ne vous en faites pas si vous n’arrivez pas à tout saisir. Ce n’est pas un problème. Vous pouvez toujours communiquer avec le personnel des IRSC en cas de besoin.
  8. Concentrez-vous d’abord sur les sections que vous comprenez le mieux pour formuler vos commentaires. À mesure que vous progressez dans vos évaluations, accordez-vous du temps pour modifier vos commentaires. Il arrive que certains éléments d’une demande deviennent plus clairs et faciles à comprendre avec le temps.
  9. Ce que vous lisez dans une demande peut vous donner des idées de commentaires pour une autre demande (par exemple, en ce qui concerne les partenariats avec les patients).
  10. Concentrez-vous sur ce que vous pouvez apporter à l’évaluation ainsi que sur votre expérience et vos connaissances. Vous pouvez avoir l’impression d’être plus apte à juger certaines sections, comme les plans de partenariat avec les patients, le recrutement des participants et la mobilisation des connaissances. L’expertise scientifique et universitaire des autres évaluateurs vient compléter vos connaissances, et vice versa. Par exemple, si l’examen des CV vous semble accablant, ou si vous ne comprenez pas la signification des différents postes occupés par un candidat, vous pouvez tourner votre attention vers d’autres aspects que vous comprenez.
  11. Pour chaque demande, examinez le plan de partenariat avec les patients, y compris la description des partenariats et des rôles joués par les patients partenaires dans l’ensemble de la demande.
    • Est-ce que la demande décrit en détail quelle sera la contribution des patients partenaires? Par exemple, l’équipe compte-t-elle plus d’un patient partenaire?
    • Les patients partenaires possèdent-ils une expérience concrète des sujets étudiés? Dans la négative, ont-ils d’autres expériences qui pourraient s’avérer utiles compte tenu du rôle décrit?
    • Les patients partenaires ont-ils déjà contribué au projet (par exemple, pendant l’élaboration de la demande) ou existe-t-il déjà une relation entre l’équipe et les patients partenaires?
    • La demande décrit-elle la contribution des patients partenaires dès le début des travaux et tout au long de la recherche proposée?
    • Est-ce que des réunions régulières sont prévues entre les patients partenaires et l’équipe?
    • Prévoit-on du personnel pour soutenir le partenariat avec les patients durant le projet?
    • Les patients participant aux travaux proposés auront-ils des tâches particulières à accomplir, comme assister à des réunions ou examiner des documents? La description semble-t-elle superficielle ou générale?
    • Quelle réflexion a été faite, dans la demande, sur le rôle des patients partenaires dans l’équipe? Leur participation semble-t-elle significative ou purement symbolique (c’est-à-dire qu’on donne l’impression que les patients partenaires sont inclus, sans fournir de preuves convaincantes qu’ils participeront réellement aux travaux)?
    • Le plan de mobilisation des patients partenaires semble-il approprié, ou croyez-vous que leurs noms ont tout simplement été ajoutés à la demande de subvention?
    • Pensez-vous qu’il y aura suffisamment de temps pour établir des liens solides entre les patients partenaires et l’équipe de recherche?
    • La demande comporte-t-elle des exemples d’activités de partenariat avec les patients? Comme par exemple, la mise à profit des leçons tirées des expériences des patients partenaires pour orienter les questions, les méthodes et les approches de recherche, la mise sur pied d’un conseil consultatif de patients, l’établissement des priorités en collaboration avec les patients, des présentations conjointes avec des patients partenaires ou d’autres activités de mobilisation des connaissances et des rencontres avec des membres de la communauté.
    • La demande comporte-t-elle d’autres renseignements sur les partenariats avec les patients? Par exemple, indique-t-elle la façon dont l’équipe a sollicité l’aide des patients pour élaborer la demande de subvention, l’estimation du nombre d’heures que les patients consacreront au projet et pour quelles tâches, la formation prévue au sujet de ce type de partenariat ou à l’intention des patients partenaires ainsi que les partenariats avec les communautés qui seront touchées par la recherche?
  12. En ce qui concerne le budget associé aux partenariats avec les patients, vous pouvez examiner les points suivants :
    • Le budget concorde-t-il avec le plan de partenariat avec les patients? Certains postes budgétaires sont-ils précisément liés à des activités de partenariat avec les patients?
    • Une compensation est-elle prévue pour les patients partenaires et est-elle conforme aux lignes directrices en la matière, comme celles de l’Institut de génétique? Si aucune compensation n’est prévue, est-ce qu’une justification est donnée (par exemple, les patients partenaires ne veulent ou ne peuvent pas recevoir de compensation pour diverses raisons)?
    • Des fonds sont-ils prévus pour la mobilisation des connaissances, y compris la compensation et les dépenses des patients partenaires (par exemple, présentation conjointe dans le cadre d’un congrès)?
    • Des fonds sont-ils prévus pour le remboursement des dépenses engagées par les patients partenaires dans le cadre du projet de recherche, notamment les frais de stationnement ou de transport ou tout autre coût lié à la participation à des réunions ou à des activités?
  13. Examinez la formation prévue ou suivie par l’équipe au sujet du projet proposé (par exemple, sur la sécurisation culturelle, l’équité, la diversité et l’inclusion, les partenariats avec les patients ou les méthodes de recherche). Semble-t-elle appropriée?

Quelques mots sur l’IA générative : Le téléversement de renseignements tirés des demandes dans un outil en ligne, quel qu’il soit, peut entraîner des atteintes à la vie privée ainsi qu’une perte de la garde de la propriété intellectuelle. Citons, par exemple, l’utilisation d’outils en ligne comme ChatGPT, qui peut stocker et réutiliser les données. Par conséquent, l’utilisation d’outils accessibles au public dans l’évaluation des demandes de subvention est strictement interdite.

2.4 Cotation des demandes

  1. Suivez l’échelle de cotation ci-dessous, en portant une attention particulière aux descripteurs et aux définitions connexes. Prenez note des seuils établis (les cotes qui séparent les différentes catégories de financement) pour les demandes jugées « subventionnables » (cote de 3,5 et plus) et « non subventionnables » (cote inférieure à 3,5).

    Pour les catégories de demandes subventionnables, fiez-vous aux définitions pour déterminer si chaque demande est exceptionnelle (de 4,5 à 4,9), excellente (de 4,0 à 4,4) ou bonne (de 3,5 à 3,9).

    Descripteur Intervalle Définition Résultat
    Exceptionnel 4,5 – 4,9 La demande fait preuve d’excellence à l’égard de la plupart ou de la totalité des aspects pertinents. Il peut y avoir des lacunes minimes. Subventionnable
    Excellent 4,0–4,4 La demande fait preuve d’excellence à l’égard d’une bonne partie des aspects pertinents et se révèle acceptable à l’égard de tous les autres. Des améliorations sont possibles.
    Bon 3,5–3,9 La demande fait preuve d’excellence à l’égard de quelques aspects pertinents et se révèle acceptable à l’égard de tous les autres. Des améliorations s’imposent.
    Passable 3,0–3,4 La demande traite des aspects pertinents d’une manière générale. Des améliorations importantes s’imposent. Non subventionnable
    Médiocre 0,0–2,9 La demande ne présente pas d’arguments suffisamment convaincants ou présente des lacunes ou des failles importantes.
  2. Tenez seulement compte du contenu des demandes pour attribuer une cote. Il ne revient pas aux évaluateurs de se renseigner sur les candidats, leurs travaux antérieurs ou les projets de recherche connexes pour justifier leurs décisions.
  3. Veillez à appliquer l’échelle de cotation de manière cohérente, afin que les cotes attribuées à chaque demande correspondent à l’ordre dans lequel vous classeriez les demandes. Pour vous aider, vous pouvez attribuer des cotes et rédiger vos commentaires pour toutes les demandes dans un document hors ligne avant d’y apporter la touche finale et de les soumettre.

Ne mentionnez pas de cote dans vos commentaires écrits. Vos commentaires seront remis aux candidats, mais pas les cotes que vous avez attribuées.

2.5 Formuler des commentaires constructifs

Il arrive que les pairs évaluateurs ne sachent pas comment s’y prendre quand vient le temps de rédiger leurs commentaires. Voici des conseils pour la formulation de commentaires constructifs afin de fournir une rétroaction utile aux candidats, qui pourraient également s’en servir pour réviser leur demande en vue de futures possibilités de financement.

  1. Commencez par parler des aspects positifs de la demande. Pensez aux points forts (éléments qui fonctionnent) et aux points faibles (éléments à améliorer). Certains éléments étaient-ils confus ou absents? Soyez honnête et précis en ce qui concerne ce que vous auriez aimé voir dans la demande ou ce qui mérite d’être retravaillé. Évitez de suranalyser vos propres commentaires.
  2. Écrivez dans l’optique d’aider l’équipe à atteindre ses objectifs. Il sera ainsi plus facile de formuler des commentaires constructifs. Imaginez comment vous réagiriez si on vous faisait ces commentaires. Seriez-vous capable de les transmettre de vive voix à quelqu’un?
  3. Les commentaires constructifs doivent être en harmonie avec la cote que vous avez attribuée à la demande. Si cette cote était faible, vos commentaires peuvent être axés sur des éléments manquants ou un problème à corriger dans une future demande. Pour une demande ayant obtenu une cote élevée, vous pouvez souligner les points forts ainsi que les améliorations possibles, le cas échéant.
  4. Évitez les généralisations et les énoncés trop simplifiés. Un commentaire comme « ce n’est pas clair » laisse beaucoup de questions en suspens. Un commentaire constructif indique pourquoi un élément manque de précision et quels renseignements il faudrait ajouter pour compléter le tableau.
  5. S’il manque certaines informations dans la demande qui auraient pu en faciliter l’évaluation, indiquez-le.
  6. Inspirez-vous de votre expérience personnelle pour la rédaction de vos commentaires, mais n’y insérez pas de renseignements personnels sur votre santé. N’oubliez pas que votre expérience ne s’applique pas nécessairement à tous les patients. Signalez tout problème ou toute question concernant l’incidence du projet sur les patients que les chercheurs devraient régler à votre avis.
  7. Relisez vos commentaires et demandez-vous si certaines modifications devraient y être apportées avant de les soumettre.

2.6 Exemples de commentaires constructifs

Il peut être difficile de mettre ses idées à l’écrit en évaluant des demandes de subvention. Pour vous faciliter la tâche, vous trouverez ci-dessous des exemples de commentaires rédigés par des patients partenaires évaluateurs, présentés ici avec leur autorisation. Il s’agit de traductions de commentaires réels à l’intention d’équipes de recherche.

  1. « D’après l’information communiquée, le patient partenaire semble être une personne hautement qualifiée et possédant une grande expérience. Cette personne a offert son expertise dans le cadre d’un autre projet qui a servi de base au projet à l’étude. Selon ce qui est indiqué, elle a participé à la surveillance de l’essai et aux activités d’application des connaissances. »
  2. « La proposition est claire, détaillée et cohérente, et le plan de recherche, la méthodologie et le budget semblent appropriés. Je ne peux me prononcer sur l’originalité ou le caractère innovant du projet. L’approche adoptée respecte les principes d’inclusion, de diversité, d’équité, d’accessibilité et de justice sociale, puisque le projet est axé sur les femmes en période de ménopause, qui est un groupe généralement sous-représenté dans le domaine des sciences fondamentales. »
  3. « Excellente mise à profit de l’expertise et de l’expérience concrète en ce qui touche la santé neurologique et cardiaque. J’ai constaté que l’expertise autochtone serait prise en compte plus tard. J’essaierais toutefois de faire intervenir les communautés autochtones dès les premières étapes plutôt que d’attendre que l’occasion se présente. J’aime le fait que vous communiquiez régulièrement avec l’équipe pour vous assurer que tous les membres peuvent s’exprimer et que les problèmes sont réglés rapidement. »
  4. « Le lien avec le cerveau et le cœur n’était pas clairement décrit, tout comme le lien avec l’hypothèse. Je vois que vous avez fait appel à une patiente partenaire, mais je ne vois pas de fonds alloués à cette collaboration ni aux participants de l’étude. »
  5. « Il y avait très peu d’information sur l’intégration des principes d’inclusion, de diversité, d’équité, d’accessibilité et de justice sociale dans le projet. Il aurait été utile de parler davantage des mesures d’adaptation prévues pour les participants souffrant d’anxiété et de dépression. »
  6. « La section sur les résultats et les retombées était un peu vague. Il est toutefois bien de lire que ce projet pourrait générer de nouvelles possibilités liées à la mise en œuvre de futures approches. En outre, l’étude pourrait guider les praticiens tout en offrant une base de données permettant de promouvoir les approches personnalisées. »
  7. « L’équipe a indiqué une note de 13/20 (65 %) selon l’outil d’évaluation du niveau de participation dans la recherche autochtone (IRLET). Pour un projet censé impliquer les peuples inuits, métis et des Premières Nations, j’aurais aimé voir une note plus élevée. Cependant, les renseignements fournis dans la demande pour cette question démontraient une planification considérable en ce qui touche la mobilisation des peuples autochtones. La note de l’IRLET n’a donc pas beaucoup influencé la cotation globale de la demande, même si elle a été prise en compte. »
  8. « Les membres de l’équipe possèdent de l’expertise dans plusieurs domaines pertinents liés à l’étude proposée. Ils pourraient envisager d’inclure un deuxième patient partenaire afin de comparer ses expériences avec celles du patient partenaire actuel ou de les compléter. Selon les pratiques exemplaires en matière de mobilisation des patients, on recommande habituellement l’inclusion d’au moins deux patients partenaires afin que ces derniers se sentent mieux soutenus dans leurs fonctions et que les pouvoirs soient mieux équilibrés. »
  9. « La proposition précise clairement que ces problèmes de santé vont souvent de pair (comorbidité), et le projet vise à étudier les processus — en particulier sur le plan des gènes ou d’autres voies — qui pourraient expliquer ce lien. C’est pourquoi ce projet cadre particulièrement bien avec Interconnectome cœur-cerveau. Il constituera une base solide pour identifier les personnes susceptibles d’être atteintes de ces troubles neurologiques et cardiaques, voire pour éventuellement mettre au point un traitement. »
  10. « Pour ce qui est de la coproduction, l’inclusion de deux patients partenaires et d’un plan de compensation qui semble approprié constitue un point fort. L’équipe a déjà consacré du temps à tirer des leçons de l’expérience concrète d’une patiente partenaire (la cochercheuse principale) et a sollicité la collaboration des patients partenaires dans certains aspects de l’analyse documentaire et des discussions. »
  11. « En général, ce projet présente de nombreux points forts, comme l’expertise de l’équipe relativement à la démarche novatrice proposée. Il manque toutefois des précisions concernant la mesure dans laquelle l’équipe se penchera sur le lien entre la santé du cerveau et celle du cœur dans le cadre de ses travaux, puisque la majeure partie des travaux décrits semblent axés uniquement sur les AVC. Il est évident que l’équipe fait appel à des connaissances sur les réparations cardiaques et tient compte de certaines contraintes associées à ces travaux dans le cadre du projet, mais elle gagnerait à préciser de quelle façon le projet porte à la fois sur le cœur et sur le cerveau. »
  12. « Le cochercheur principal et le cocandidat ont l’expérience nécessaire pour surveiller, diriger et mener à bien ce projet de recherche. Ils ont aussi déjà collaboré avec des groupes autochtones. Il y a toutefois peu de diversité dans l’équipe de recherche : les membres sont tous affiliés au même établissement et ce sont tous des hommes spécialisés dans différents domaines cliniques et scientifiques en cardiologie. Il n’y a aucun chercheur d’autres établissements, spécialiste du cerveau ou de la neurologie, ou représentant des peuples autochtones. »
  13. « La demande mentionne expressément les thèmes de l’inclusion, de la diversité, de l’équité, de l’accessibilité et de la justice sociale, et l’équipe a clairement l’intention de recruter un groupe d’étude diversifié et d’établir des partenariats avec des communautés autochtones et d’immigrants. Cela dit, il semble peu probable que ces objectifs soient réalistes dans les délais serrés fixés, puisque rien n’indique que des partenariats ont déjà été établis. La demande serait plus solide si elle comprenait des lettres d’appui de ces organisations et des fonds pour soutenir ces partenariats. »
  14. « La demande décrit la contribution concrète de la patiente partenaire (la cochercheuse principale) à l’élaboration du modèle d’étude. Il y a aussi un plan détaillé pour poursuivre cette mobilisation et assurer le maintien de l’influence de la cochercheuse principale sur l’orientation du projet. Parmi les activités prévues d’application des connaissances, l’étude comprend des ateliers avec des femmes ménopausées afin de leur présenter les objectifs et les constatations de l’étude ainsi que de solliciter leur avis. L’équipe pourrait envisager de faire participer davantage la cochercheuse principale et d’autres femmes ayant une expérience concrète pertinente aux activités d’application des connaissances, par exemple sous la forme de présentations concertées lors d’ateliers et de congrès. »

3.0 Glossaire

Vous trouverez ci-dessous quelques termes qui reviennent souvent dans le processus d’évaluation par les pairs.

  1. Chercheur en début de carrière : Personne nommée depuis cinq ans ou moins à son premier poste de recherche (après le postdoctorat).
  2. Chercheur principal/candidat principal désigné (CPD) : Personne qui dirige un projet de recherche.
  3. Cochercheur ou cocandidat : Membre d’une équipe de recherche autre que les chercheurs principaux.
  4. Cochercheur principal : Personne qui contribue à la direction d’un projet de recherche.
  5. Collaborateur : Personne ayant une expertise précise et jouant un rôle actif dans la recherche et les activités connexes.
  6. Confidentialité : Principe consistant à protéger les renseignements, les documents et les discussions concernant le processus d’évaluation de sorte qu’ils ne sont pas divulgués à une partie externe.
  7. Conflit d’intérêts : Situation dans laquelle les intérêts personnels d’un évaluateur pourraient influencer son objectivité au cours du processus d’évaluation.
  8. Contribution en nature : Ressource ou service non financier offert pour appuyer un projet, comme du travail bénévole, de l’équipement ou de l’expertise.
  9. Coproduction : Approche collaborative de la recherche en santé où les utilisateurs des connaissances participent à part entière au projet, au même titre que les chercheurs.
  10. CV (curriculum vitae) : Document décrivant les antécédents universitaires, l’expérience de travail, les compétences et les autres titres pertinents d’une personne par rapport à la demande de subvention.
  11. Évaluation par les pairs : Processus au cours duquel des experts dans un domaine évaluent la qualité, la pertinence et la faisabilité des projets de recherche avant la prise des décisions concernant le financement.
  12. Lettre d’appui : Lettre d’un collaborateur ou d’une organisation qui décrit soit sa contribution en nature, soit sa participation au projet. Elle est facultative.
  13. Mobilisation des connaissances : Processus consistant à transformer les résultats de recherche en solutions pratiques à l’usage des décisionnaires, des praticiens et du public. On l’appelle parfois « application des connaissances ».
  14. Mobilisation des patients : Collaboration active et significative des patients à la gouvernance, à l’établissement des priorités, à la réalisation de la recherche et à la mobilisation des connaissances.
  15. Partenariat avec les patients : Travail concerté entre des chercheurs universitaires et des personnes ayant une expérience concrète d’un problème de santé dans le cadre d’un projet de recherche. Ce terme est lié à la « mobilisation des patients » et il met en relief l’importance de travailler en partenariat (voir « coproduction »).
  16. Participant : Personne qui participe à une étude à titre de sujet.
  17. Patient : Personne qui a vécu un problème de santé, aidant naturel (c’est-à-dire un proche) ou personne risquant d’être atteinte du problème de santé à l’étude ou d’être autrement touchée par celui-ci.
  18. Personnel hautement qualifié : Expert, comme un technicien de recherche, un statisticien, etc.
  19. Recherche axée sur le patient : Approche inclusive de la recherche qui consiste à mobiliser activement les patients à titre de partenaires, à se concentrer sur les priorités établies par les patients et à améliorer les résultats pour les patients.
  20. Stagiaire : Étudiant de premier cycle, de cycle supérieur ou postdoctoral faisant partie d’une équipe de recherche.
  21. Utilisateur des connaissances : Personne ou organisation qui utilise les résultats de recherche pour améliorer les pratiques, les politiques ou les résultats dans son domaine. Il peut s’agir de dirigeants et de communautés autochtones, de patients, de professionnels de la santé, d’organismes communautaires, d’organismes de bienfaisance dans le domaine de santé, de dirigeants du système de santé, de responsables des politiques et d’organismes du secteur privé, entre autres.

Voici d’autres glossaires de termes scientifiques :

  1. Explication du jargon des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) présentant des définitions en langage clair et simple de termes fréquemment utilisés en recherche en santé
  2. Glossaire des termes de financement des IRSC
  3. Dictionnaires de termes (en anglais seulement) scientifiques et liés à la recherche du National Cancer Institute des États-Unis

4.0 Ressources utiles

4.1 Ressources sur l’évaluation par les pairs

  1. Grant Review 101: The Basics of Peer Reviewing Grant Applications [Introduction à l’évaluation par les pairs des demandes de subvention] (en anglais seulement)

    Cette vidéo est un enregistrement d’une présentation de Dawn Richards qui explique quelques notions de base sur le fonctionnement général du processus d’évaluation par les pairs pour les patients partenaires.

    Durée : 60 minutes (35 minutes pour décrire le processus d’évaluation par les pairs et 25 minutes de discussion avec des patients partenaires qui ont déjà pris part au processus).

  2. Partenaires communautaires dans l’évaluation par les pairs

    Module d’apprentissage à rythme libre fournissant aux personnes ayant une expérience concrète les renseignements nécessaires pour comprendre le processus d’évaluation par les pairs et y participer avec assurance. Offert en français et en anglais, ce cours s’accompagne d’un certificat d’achèvement.

    Durée : 30 minutes.

  3. Participation des patients partenaires à l’évaluation par les pairs : conseils pour toutes les parties (en anglais seulement)

    Cet article traite de l’évaluation par les pairs pour les patients partenaires et propose une liste de questions à prendre en considération. Il a été rédigé par le groupe des ambassadeurs de la recherche axée sur le patient de l’Institut de l’appareil locomoteur et de l’arthrite des IRSC.

    Durée : 15 minutes.

  4. Apprentissage pour les pairs évaluateurs

    Les IRSC offrent des modules d’apprentissage, des ressources et des modèles qui pourraient vous être utiles.

4.2 Ressources sur le partenariat avec les patients dans les projets de recherche fondamentale

  1. Parkinson UK (en anglais seulement)
  2. Équipe de recherche de LabPartners (en anglais seulement)
  3. Institut de génétique des IRSC – Comment un livre de cuisine a influencé la recherche du Dr François Gros-Louis

4.3 Références

  1. Instituts de recherche en santé du Canada. La mobilisation des connaissances aux IRSC, gouvernement du Canada
  2. Instituts de recherche en santé du Canada. Stratégie de recherche axée sur le patient, gouvernement du Canada
  3. Instituts de recherche en santé du Canada. Partenariat avec les patients, Institut de génétique, gouvernement du Canada
  4. Interconnectome cœur‑cerveau. Programme de subventions de recherche exploratoire, Université d’Ottawa
Date de modification :