Lauréat du Prix Bhagirath-Singh de début de carrière en recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires 2024
Amy Gillgrass
À l’échelle mondiale, 39 millions de personnes vivent avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), et 10,6 millions de personnes développent chaque année une forme active de la tuberculose. Les régions où la prévalence du VIH est élevée coïncident malheureusement avec celles où la tuberculose est répandue, entraînant ainsi des co-infections VIH-tuberculose. Le tiers des décès attribuables au VIH sont liés à une co-infection tuberculeuse. La présence simultanée du VIH et de la tuberculose favorise une progression rapide des deux infections et augmente fortement le risque de décès. Les mécanismes précis à l’origine de cette progression rapide de la maladie, de même que les moyens de la prévenir, demeurent inconnus. L’étude de la co-infection chez l’humain pose d’importants défis, notamment en raison de la difficulté à établir la chronologie précise des infections et à obtenir des échantillons de tissu permettant d’analyser les réponses immunitaires. L’infection par le VIH cible et détruit des cellules immunitaires humaines, alors que le contrôle de la tuberculose repose sur ces mêmes cellules. Ce constat nous indique que les cellules immunitaires humaines jouent un rôle central dans la progression de la co-infection. Nous avons par conséquent mis au point un modèle de souris humanisée qui peut être infecté à la fois par le VIH et par la tuberculose, modèle que nous utiliserons pour établir comment la co-infection aggrave l’évolution de la maladie. Nous mettrons aussi à l’essai des thérapies ciblant les réponses immunitaires dans les cas de co-infection afin d’améliorer les résultats cliniques liés à la maladie. En définitive, le projet permettra de mieux comprendre le fonctionnement de la co-infection, de déterminer les réponses immunitaires touchées et de concevoir des stratégies thérapeutiques susceptibles d’améliorer la santé humaine.
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