Lauréat du Prix Bhagirath-Singh de début de carrière en recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires 2024
Kirk Bergstrom
Le mucus produit par des cellules spécifiques de la paroi du côlon, appelées « cellules caliciformes », joue un rôle crucial dans le maintien de la santé de l’intestin. Lorsque ce mucus ne fonctionne pas bien, il peut entraîner des maladies inflammatoires de l’intestin (MII), qui touchent de nombreuses personnes au Canada. Chez les souris (dont le côlon est semblable à celui des êtres humains), nous avons vu qu’une protéine en particulier, appelée « Muc2 », est nécessaire au bon fonctionnement du mucus. En effet, cette protéine forme un « pare-feu » qui empêche les microbes nocifs d’envahir la paroi intestinale et de causer de l’inflammation. Jusqu’à récemment, les scientifiques pensaient que les cellules caliciformes dans la dernière partie du côlon (comme le rectum) sécrétaient la majeure partie de ce mucus, mais nos recherches sur des modèles murins montrent que ce sont en fait des cellules caliciformes dans la première partie du côlon (le côlon proximal) qui font la majeure partie du travail en sécrétant beaucoup de protéines Muc2, lesquelles protègent ensuite le côlon inférieur et le rectum de l’inflammation. Nous pensons qu’un processus similaire se produit chez les êtres humains. Cependant, nous ne savons toujours pas exactement comment fonctionnent les cellules caliciformes dans la première partie du côlon, ni comment nous pouvons les utiliser pour traiter les MII. D’après nos premières constatations, nous croyons que ces cellules peuvent détecter les microbes dans l’intestin à l’aide de récepteurs, et qu’augmenter leur production de mucus avec un médicament sûr pourrait aider à traiter la colite chronique. Pour tester cette théorie, nous avons trois objectifs principaux : 1. Déterminer quels capteurs ces cellules caliciformes proximales utilisent pour analyser les bactéries intestinales et réagir par la sécrétion de mucus, et si ces capteurs se trouvent dans les différents sous-types de cellules caliciformes, car il y en a plusieurs. 2. Voir si nous pouvons augmenter en toute sécurité la production de mucus dans les cellules caliciformes pour aider à traiter la colite chez les souris. 3. Découvrir ce que font nos propres cellules caliciformes proximales en étudiant des « mini-intestins », qui proviennent d’un côlon humain et sécrètent du mucus, mais sont cultivés dans une boîte de Petri. Nous collaborons avec des experts du monde entier pour nous assurer de couvrir tous les aspects de la question. Nous espérons qu’en comprenant le fonctionnement des cellules caliciformes, nous pourrons trouver de nouvelles façons de traiter les MII et d’améliorer la santé intestinale.
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